Au Liban, la diplomatie piétine alors que des frappes Israéliennes se poursuivent dans le sud du pays.

Article de Jennifer Chainay

Le président libanais Joseph Aoun (au centre, à droite) marchant aux côtés de responsables de la sécurité lors d’une visite à Nabatiyé samedi 12 septembre.

Le président libanais Joseph Aoun (au centre, à droite) marchant aux côtés de responsables de la sécurité lors d’une visite à Nabatiyé samedi 12 septembre.© AFP/ Service de presse de la présidence libanaise

Avec le report d’un nouveau round de négociations, initialement prévu la semaine prochaine à Rome, les négociations entre Israël et le pays du Cèdre s’enlisent.

Il s’agirait d’une question d’agenda. Mais le report en octobre (date inconnue) du troisième round de négociations entre Israéliens et Libanais, initialement prévu à Rome la semaine prochaine, trahit la fragilité des avancées diplomatiques entre les deux pays. Il faut dire que depuis début août, date de la dernière entrevue dans la capitale italienne, la situation semble figée. Et la pression accrue des États-Unis exercée sur Beyrouth pour une sortie de crise n’a que peu d’effet.

Désaccord sur les conditions du désarmement

Preuve en est : le déploiement des « zones pilotes », ces territoires-test du sud du pays du Cèdre où l’armée libanaise doit reprendre le contrôle après un retrait des soldats israéliens, reste fébrile. Et les négociations achoppent sur les exigences de deux parties : l’État hébreu somme l’armée libanaise de procéder au désarmement total du Hezbollah avant d’envisager tout retrait de ses troupes au sud du fleuve Litani. Là où les autorités beyrouthines attendent que les militaires de Tsahal reculent dans certains secteurs et cessent leurs frappes pour envisager la démilitarisation de la milice chiite. Cette dernière rejette toute remise de ses armes dans les conditions actuelles.

Revers pour le Hezbollah

Car, malgré l’accord-cadre signé entre le Liban et Israël le 26 juin et l’instauration d’un cessez-le-feu après quatre mois de guerre, les bombardements israéliens sont quasi quotidiens dans le sud du pays. Le Hezbollah vient d’essuyer deux revers importants en une semaine près de Nabatiyé : la prise par l’armée israélienne de la crête d’Ali Taher et le bombardement de fortifications stratégiques à proximité.

Ce point haut constitue une porte d’entrée vers la région de l’Iqlim al-Tuffah et l’ouest de la plaine de la Bekaa, deux bastions de la milice chiite. Cette escalade a poussé le président libanais Joseph Aoun à un rare déplacement à Nabatiyé samedi. Une façon de ne pas laisser le champ libre au Hezbollah et de transmettre une promesse : celle de l’engagement de l’État dans la sécurité de la population. Lors de sa visite, le président libanais a avancé qu’il n’y avait « pas de nouvelles négociations avec Israël pour l’instant ». Pourtant, une rencontre entre les ambassadeurs libanais et israélien aux États-Unis est fixée la semaine prochaine à Washington. Un rendez-vous visiblement peu déterminant aux yeux de Joseph Aoun.


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