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L’armée israélienne va se faire livrer des bombes parmi les plus puissantes de l’arsenal américain. (Photo by Kawnat HAJU / AFP)© KAWNAT HAJU
Le gouvernement de Donald Trump se prépare à livrer à Israël une considérable cargaison de dizaines de milliers de bombes, affirment mardi des médias américains, soulignant qu’il s’agit de certaines des munitions les plus destructrices de son arsenal. Cette information du Washington Post, confirmée par le New York Times, illustre la poursuite du soutien américain à Israël, qui continue malgré un cessez-le-feu de bombarder quasi quotidiennement la bande de Gaza.
L’administration américaine s’apprête, selon les deux journaux, à approuver la vente pour un total de 2,8 milliards de dollars d’au moins 40 000 bombes à Israël, financée indirectement par les contribuables américains. Sollicités par l’AFP, la Maison-Blanche et le département d’État n’ont pas souhaité faire de commentaire concernant ces informations.
La livraison doit notamment inclure 20 000 MK-84, des ogives d’une tonne parmi les plus puissantes de l’arsenal américain qui, selon un site de l’armée, peuvent projeter des éclats mortels jusqu’à 370 mètres du point d’impact. Le New York Times souligne que si le Congrès peut, en théorie, s’opposer à ces ventes d’armes à l’étranger, l’exécutif américain dispose d’outils pour contourner cette règle.
Le soutien historique des États-Unis à Israël divise de plus en plus aux États-Unis. De nombreux démocrates font campagne pour les élections législatives de cet automne sur une réduction de ce soutien, dénonçant le nombre de civils palestiniens tués par Israël.
Depuis le cessez-le-feu sur Gaza entré en vigueur en octobre 2025 et négocié sous l’égide des États-Unis, les opérations militaires israéliennes ont fait plus de 1 300 morts, selon le ministère de la Santé de Gaza. L’armée israélienne a fait état de cinq morts dans ses rangs sur la même période, ainsi que d’un employé civil sous contrat.
Neuf mois après son arrivée au pouvoir, Donald Trump approuve une deuxième vente d’armes majeure à Israël, évitant ainsi le contrôle du Congrès. Révélée par le Washington Post et confirmée par le New York Times le 15 septembre 2026, cette opération porte sur la livraison de 40 000 bombes lourdes, pour un montant de 2,8 milliards de dollars. L’affaire alimente les tensions politiques internes aux États-Unis et réactive les clivages à l’approche des élections législatives de novembre 2026.
Levée du moratoire Biden : un changement diplomatique significatif
Dès son investiture en janvier 2025, Donald Trump rompt avec la politique de son prédécesseur en levant les restrictions sur les bombes de 900 kg. L’administration Biden avait suspendu ces livraisons en 2024, préoccupée par l’impact potentiel sur les civils à Gaza. Trump abolit rapidement ces mesures, rétablissant les livraisons d’armes sans condition, et s’alignant pleinement sur les priorités israéliennes. Ce changement marque un tournant diplomatique abrupt.
En l’espace de neuf mois, trois mégacontrats sont conclus. En février 2026, un premier lot de munitions d’un montant de 2,7 milliards de dollars est approuvé, suivi en septembre par un autre de 2,8 milliards. Depuis octobre 2025, malgré un cessez-le-feu théorique, les États-Unis ont validé plus de 5,5 milliards de dollars d’armement pour Israël. Parmi les munitions, 20 000 bombes MK-84 d’une tonne, capables de projeter des éclats mortels à grande distance, ainsi que 20 000 bombes BLU-117 et des ogives perforantes I-2000.
Contournement du Congrès : l’exécutif s’émancipe du contrôle parlementaire
Marco Rubio, secrétaire d’État américain, joue un rôle clé en utilisant des pouvoirs d’urgence pour éviter l’approbation parlementaire. Selon L’Humanité, le département d’État a soumis le projet aux commissions du Congrès pour une « approbation informelle », réduisant le contrôle législatif à une simple formalité. Ces pouvoirs d’urgence, initialement prévus pour des situations exceptionnelles, deviennent un outil permanent de la politique étrangère.
En théorie, le Congrès pourrait s’opposer à ces ventes d’armes, mais l’exécutif dispose de moyens pour contourner cette opposition. Comme le souligne le New York Times, bloquer une vente nécessite une majorité des deux tiers pour surmonter un veto présidentiel, ce qui est impossible avec la composition actuelle du Congrès. Les démocrates, minoritaires, ne peuvent qu’exprimer leur désaccord, rendant le mécanisme de contrôle inefficace face à un exécutif déterminé.
Division politique : enjeu électoral majeur pour novembre 2026
Les démocrates sont confrontés à une crise interne, leur électorat étant divisé entre le soutien à Israël et les inquiétudes humanitaires croissantes. Les électeurs progressistes, notamment les jeunes et les minorités, critiquent l’alignement sur Tel-Aviv. Depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025, plus de 1 300 personnes ont trouvé la mort à Gaza selon le ministère de la Santé palestinien, malgré la trêve. L’approbation de 40 000 bombes supplémentaires exacerbe les tensions au sein du parti démocrate.
À deux mois des élections de novembre 2026, les candidats démocrates peinent à naviguer entre critique de Trump et soutien aux livraisons d’armes, risquant de perdre des électeurs centristes ou progressistes. Plusieurs circonscriptions pourraient basculer sur cette question, alors que les républicains présentent Trump comme un leader décisif face à des démocrates divisés. Le Moyen-Orient devient un enjeu central de la campagne législative américaine.
Une diplomatie en mutation : continuité ou changement radical ?
L’administration Trump redéfinit la diplomatie américaine au Moyen-Orient. Là où Biden cherchait un équilibre entre soutien à Israël et pressions humanitaires, Trump privilégie une approche unilatérale assumée. Les 40 000 bombes symbolisent une vision transactionnelle des relations internationales : soutien inconditionnel aux alliés, pression maximale sur les adversaires. Le cessez-le-feu d’octobre 2025, négocié sous médiation américaine, perd toute crédibilité. Comment Washington peut-il prétendre être un médiateur tout en fournissant massivement des armes à l’une des parties ?
Les chiffres sont éloquents. Depuis octobre 2023, les forces israéliennes ont causé plus de 73 000 morts et 173 000 blessés à Gaza, selon les autorités palestiniennes. Ces nouvelles livraisons d’armes remettent en question la cohérence de la diplomatie américaine. Trump parie sur une victoire militaire israélienne, tandis que Biden misait sur une solution négociée, illustrant deux visions radicalement différentes qui reflètent les divisions profondes de la société américaine. Novembre 2026 pourrait valider ce choix diplomatique audacieux.


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