L’ancien avocat avait évoqué le lancement de grandes rafles en France, afin d’arrêter des étrangers en situation irrégulière.
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Le Conseil d’Etat a engagé une procédure disciplinaire contre Arno Klarsfeld pour « manquement à la déontologie », selon les informations de franceinfo mardi 27 janvier. La commission supérieure de la plus haute juridiction administrative a été saisie par le vice-président Didier-Roland Tabuteau, comme le veut la procédure(Nouvelle fenêtre), alors que l’ancien avocat Arno Klarsfeld est membre depuis 2010 de cette institution qui conseille le gouvernement pour la préparation des projets de loi et des décrets. Cette décision a été annoncée trois jours après une intervention très commentée de l’éditorialiste, sur CNews, dans laquelle il évoquait le lancement de « grandes rafles » en France pour arrêter des étrangers en situation irrégulière.
« Si on veut se débarrasser des OQTF, il faut organiser comme fait Trump avec [la police de l’immigration américaine] ICE des sortes de grandes rafles un peu partout, mais en organisant des grandes rafles, c’est-à-dire en essayant d’attraper le plus d’étrangers en situation irrégulière », avait-il estimé à l’antenne. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, avait annoncé saisir la procureure de la République, comme l’avaient déjà indiqué des députés de La France insoumise, tels que Thomas Portes. Ce dernier a annoncé qu’il effectuait également une démarche auprès de l’Arcom, le régulateur des médias.
« Je n’ai pas demandé que cette politique soit appliquée en France. J’ai simplement posé un problème », a réagi Arno Klarsfeld auprès de Mediapart(Nouvelle fenêtre), mardi soir, après le déclenchement de la procédure disciplinaire. Celui-ci fait valoir sa qualité d’ancien président de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, entre 2011 et 2013. « A aucun moment je n’ai appelé à des rafles en France », ajoute-t-il encore. « Je commentais ce qui se passait aux Etats-Unis, avec les injustices qu’une politique dure provoquait. Je posais à la fin un problème de morale politique sur lequel je ne prenais pas position. »
À l’heure des rafles, commémorer la libération d’Auschwitz

Coordination nationale de l’UJFP 27/01/26Antisémitisme | Les communiqués de l’UJFP
La douleur de la mémoire qui a touché tant de familles juives et tsiganes pourrait progressivement s’effacer avec la disparition des derniers survivants du génocide nazi. Dans nos sociétés, le travail de la mémoire et l’analyse de l’histoire tentent encore de s’opposer à la récupération tragique de nos histoires en se structurant par une opposition radicale au fascisme, à la persécution, aux violations des droits humains.
Mais la digue contre le fascisme, en Europe, semble bien fragile et les dangers de submersion sont réels.
Nous sommes aujourd’hui à l’heure des rafles trumpiennes, de la barbarie de l’ICE, de Detention centers où l’on sépare les familles, à l’heure où de simples observateurs de la brutalité des milices sont assassinés à Minneapolis. L’Europe ne peut s’indigner et mener la même politique mortifère contre les migrants en Méditerranée.
Et l’on voit avec effarement, le fils d’un chasseur de nazis affirmer1 qu’il faut de « grandes rafles » contre « les OQTF ». La déshumanisation odieuse de ces propos – une OQTF n’est pas une personne, mais une décision administrative xénophobe − est une défaite de la mémoire et de l’histoire.
La mémoire est tragiquement mise à mal à Gaza où, dans le silence et la complicité de l’Occident, le génocide continue son œuvre de mort : bombardements épisodiques qui se poursuivent, gens qui se lavent avec l’eau des égouts, maladies contagieuses, malades non soignés après la destruction systématique des hôpitaux, traumatismes des femmes et des nouveau-nés2… Commémorer n’a de sens que si la mémoire est mise au service d’une vigilance active face aux dérives du présent et à la banalisation de la violence d’État. Le « plus jamais ça » ne peut devenir une formule creuse.
La Coordination nationale de l’UJFP, le 27 janvier 2026
- Arno Klarsfeld sur CNews, le 25 janvier 2026 : « Si on veut se débarrasser des OQTF, il faut organiser comme fait Trump avec l’ICE des sortes de grandes rafles un peu partout, mais en organisant des grandes rafles, c’est-à-dire en essayant d’attraper le plus d’étrangers en situation irrégulière, on commet aussi des injustices ».[⇧]
- Selon un rapport récent de Physicians for Human Rights Israel et du groupe Physicians for Human Rights, basé à New York (janvier 2026).[⇧]


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