
Channel 13 rapporte que les services pénitentiaires construisent un établissement « Green Mile » où les exécutions auront lieu.
Photo : Ben Gvir portant un badge en forme de noeud coulant à la Knesset, décembre 2025 © Amit Segal sur X
Les services pénitentiaires israéliens ont commencé à préparer l’introduction de la peine de mort pour les prisonniers palestiniens, ont rapporté dimanche les médias israéliens.
Selon la chaîne israélienne Channel 13, ces préparatifs comprennent la création d’un établissement baptisé « Israel’s Green Mile » (le couloir de la mort israélien), où les exécutions auront lieu.
La formation et les préparatifs procéduraux ont également commencé, tandis qu’une délégation de l’administration pénitentiaire devrait se rendre dans un pays d’Asie de l’Est pour étudier le cadre juridique et réglementaire de la mise en œuvre de la peine capitale, ajoute le rapport.
Cette initiative fait suite à l’approbation par la Knesset du projet de loi sur la peine de mort en première lecture l’année dernière, avec 39 députés pour et 16 contre.
Le projet de loi doit encore passer deux lectures avant de devenir loi.
Le rapport ajoute que les exécutions seront effectuées par pendaison, trois gardes appuyant simultanément sur la gâchette.
Des équipes spécialisées, composées exclusivement de volontaires, seront affectées à cette tâche.
Une source israélienne a déclaré à la chaîne que les condamnations à mort seraient exécutées dans les 90 jours suivant le verdict final.
La loi visera dans un premier temps les Palestiniens accusés d’être membres de la Nukhba, l’unité d’élite du Hamas, qui ont participé aux attentats d’octobre 2023.
Les personnes accusées d’attentats graves en Cisjordanie suivront.
La législation ne s’appliquera pas aux Israéliens juifs qui tuent des Palestiniens dans des circonstances similaires.
« Acte de sauvagerie sans précédent »
La loi israélienne autorise actuellement la peine de mort dans certains cas, mais elle n’a pas été appliquée depuis l’exécution en 1962 de l’officier nazi Adolf Eichmann pour son rôle dans l’Holocauste.
Les groupes de défense des droits humains se sont fermement opposés à ce projet de loi controversé, invoquant les arrestations massives de Palestiniens par Israël sur la base d’accusations vagues de terrorisme et la recrudescence des cas de torture et de décès signalés depuis le début du génocide à Gaza.
Un nombre « record » de 110 Palestiniens sont morts dans le cadre des politiques pénitentiaires mises en place par le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir depuis son entrée en fonction début 2023, bien que les groupes palestiniens affirment que le nombre réel est probablement plus élevé.
La semaine dernière, une douzaine d’experts de l’ONU ont exhorté Israël à retirer cette législation, avertissant que « les peines de mort obligatoires sont contraires au droit à la vie ».
« En supprimant le pouvoir discrétionnaire des juges et des procureurs, elles empêchent les tribunaux de prendre en considération les circonstances individuelles, y compris les circonstances atténuantes, et d’imposer une peine proportionnée au crime », ont déclaré les experts.
Les groupes de défense des droits des prisonniers palestiniens, notamment la Commission des affaires des détenus et des anciens détenus et le Club des prisonniers palestiniens, ont qualifié ce projet de loi d’« acte de barbarie sans précédent ».
Ils ont accusé Israël de chercher à légaliser le meurtre continu de prisonniers, affirmant que son adoption « n’est plus surprenante compte tenu du niveau de brutalité sans précédent pratiqué par le système d’occupation ».
Traduction : AFPS


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