Israël multiplie par cinq son budget alloué à la propagande à l’international

L’État d’Israël, dont l’image est largement détériorée dans l’opinion publique mondiale en raison notamment du génocide à Gaza, vient d’approuver un budget de 730 millions de dollars pour sa « diplomatie publique », autrement dit sa stratégie de propagande à l’échelle internationale. L’année dernière, ce budget de propagande était de 150 millions de dollars, ce qui représentait déjà une multiplication par 20 par rapport au montant d’avant octobre 2023.

En 2025, le pays a dépensé environ 50 millions de dollars en publicités diffusées sur Google, YouTube, ou encore le réseau social X. Il a également financé l’accueil de délégations étrangères sur son territoire et payé des influenceurs pour relayer sa propagande de guerre.

Le ministre des Affaires étrangères israélien affirme désormais que son pays est « engagé dans une guerre mondiale pour les cœurs et les esprits ». Une guerre qu’Israël a peu de chances de gagner, selon des experts cités dans un article du Jérusalem Post. L’un d’eux tranche : « Le problème n’est pas que nous manquons d’infrastructures ou de compétences. Le problème est que les gens ne croient plus l’État [d’Israël]. Et c’est un problème beaucoup plus profond, qu’aucune somme d’argent ne peut régler ».

Cette stratégie de communication porte un nom : la « Hasbara », terme hébreu signifiant « explication ». Israël y recourt depuis longtemps pour contrecarrer les mobilisations en faveur des droits des Palestiniens, diffusant par exemple à plusieurs reprises des clips de propagande sponsorisés sur YouTube pour justifier ses bombardements à Gaza.

Cette hausse spectaculaire du budget de propagande intervient dans un contexte de retournement de l’opinion publique de nombreux pays, en particulier aux États-Unis, où 60% de la population juge désormais Israël négativement, selon un sondage du Pew Research Center, publié en avril. Alors que les deux grands partis étatsuniens étaient historiquement alignés sur les intérêts d’Israël, le Parti Démocrate commence lui aussi, timidement, à remettre en question son soutien à la politique israélienne.


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