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L’enquête du Parquet national antiterroriste fait suite à un signalement du gouvernement sur la manière dont des militants français ont été traités par les autorités israéliennes au cours de leur détention.
Le Monde avec AFP Publié le 05 juin 2026 à 16h37, modifié hier à 03h32
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Une enquête a été ouverte, vendredi 5 juin à Paris, pour tortures et crimes de guerre, à la suite d’un signalement du gouvernement sur la manière dont des Français de la flottille pour Gaza ont été traités par les autorités israéliennes, a annoncé le Parquet national antiterroriste (PNAT) à l’Agence France-Presse (AFP).
Le PNAT a précisé au Monde avoir confié cette enquête préliminaire à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH), ouverte pour « tortures, au sens de la convention de New York du 10 décembre 1984, et de crimes de guerre ». Le signalement en question a été transmis « en application de l’article 40 du code de procédure pénale par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères le 28 mai 2026 », a-t-il également détaillé.
Le 29 mai, le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait annoncé avoir saisi la justice française pour les mauvais traitements infligés aux membres français de la flottille pour Gaza, après la diffusion d’une vidéo publiée par le ministre de la sécurité nationale israélien, Itamar Ben Gvir (extrême droite), montrant des militants agenouillés et mains liées à la suite de leur interception en mer et de leur placement en détention dans le sud d’Israël. Itamar Ben Gvir avait provoqué un tollé au sein même de son gouvernement et à l’étranger en publiant cette vidéo.
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Cette flottille d’une cinquantaine de navires a quitté la Turquie le 14 mai avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.
Les autorités israéliennes ont interpellé 430 militants – dont une trentaine de Français – à bord des bateaux. Arraisonnés en Méditerranée, à l’ouest de Chypre, ils ont été amenés de force en Israël puis détenus à la prison de Ktziot (sud), selon l’organisation israélienne de défense des droits humains Adalah. Ils ont ensuite été expulsés.
« Ambivalence » du PNAT
« Il aura fallu que des ressortissants français soient violentés sous l’œil des caméras pour que le ministère se décide à faire un signalement au parquet. Les faits subis par les navigants de la flottille ne sont rien comparés à ceux que subit encore chaque jour le peuple palestinien », ont réagi auprès de l’AFP les avocats français de la Global Sumud Flotilla, Mes Romain Ruiz, Prisca Ancion, Camille Duprié, Hanna Bouchareb, Elsa Marcel, Chirinne Ardakani.
« Si nous accueillons positivement cette enquête, nous ne pouvons ignorer l’ambivalence du PNAT, qui poursuit par ailleurs tous les soutiens de la Palestine dès que leurs voix s’élèvent », ont-ils ajouté.
« C’est une satisfaction que le parquet commence à prendre la mesure de ce qui se joue et de la gravité des crimes commis », a ajouté Me Vincent Brengarth, qui défend le journaliste d’Al-Jazira Hafedh Mribah et prépare une plainte.
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Partis de Turquie, les militants de la flottille Global Sumud (sumud signifie « résilience » en arabe) voulaient attirer l’attention sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza. En avril, une précédente flottille pour Gaza avait déjà été interceptée par Israël au large de la Grèce.
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« Israël a pleinement le droit d’empêcher de provocatrices flottilles de partisans terroristes du Hamas d’entrer dans nos eaux territoriales et d’atteindre Gaza », a estimé le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, en référence au mouvement islamiste palestinien ayant déclenché la guerre en lançant une attaque sans précédent contre l’Etat hébreu le 7 octobre 2023. Il a cependant jugé que les images publiées par le ministre de la sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, n’étaient « pas conformes avec les valeurs d’Israël ».
En Europe, plusieurs pays ont appelé l’Union européenne à prendre des sanctions contre Israël et contre le ministre. Jean-Noël Barrot a annoncé que la France avait interdit l’accès à son territoire à M. Ben Gvir après la diffusion de cette vidéo.
Le Monde avec AFP


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