Soudan : l’ONU alerte sur un risque « imminent d’atrocités en masse » à El-Obeid

Article de RFI

Le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé, samedi 20 juin, sa vive inquiétude «face au risque imminent d'atrocités de masse» à El-Obeid, grande ville du Soudan où l'ONU craint une attaque des paramilitaires.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a exprimé, samedi 20 juin, sa vive inquiétude «face au risque imminent d’atrocités de masse» à El-Obeid, grande ville du Soudan où l’ONU craint une attaque des paramilitaires.© Studio graphique FMM

Au Soudan, après des mois de siège, la situation à El-Obeid, grande ville du Kordofan, est plus qu’inquiétante. Depuis quelques jours, les cris d’alarme de la communauté internationale qui redoute un assaut des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Dogolo, dit « Hemedti » – en guerre contre l’armée du général Abdel Fattah al-Burhan depuis 2023 – se multiplient.

Alors que les combats s’intensifient dans toute la région du Kordofan, le Réseau des médecins du Soudan alerte, ces dernières semaines, sur l’intensification des attaques de drones contre des écoles, des hôpitaux, des centres de soins, des sites d’accueil de déplacés et, plus récemment, contre une centrale électrique – ce qui a plongé la ville dans le noir et perturbé le système de pompage de l’eau – à El-Obeid.

De son côté, le Conseil de sécurité des Nations unies a exprimé, samedi 20 juin, sa « vive inquiétude » face aux informations faisant état du déploiement d’importants renforts militaires par les FSR autour de la cité et parlé d’un « risque imminent d’atrocités de masse » à El-Obeid. Il a aussi appelé toutes les parties à cesser les hostilités et exhorté les États membres de l’ONU à s’abstenir de toute ingérence susceptible d’alimenter la violence. 

Vendredi 20 juin, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Soudan, Pekka Haavisto, a appelé le chef des FSR, le général Hemedti, pour lui demander d’épargner El-Obeid. La veille, jeudi, Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU et Volker Türk, Haut commissaire des Nations unies aux droits humains, avaient, eux aussi, alerté sur le risque « imminent » d’une attaque. « Nous ne devons pas permettre que les horreurs d’El-Fasher se répètent à El-Obeid », a dit Antonio Guterres.

L’ONU craint en effet une réédition du scénario vécu à El-Fasher où, en octobre dernier, les FSR ont lancé une offensive contre cette grande ville du Darfour après 500 jours de siège, commettant des massacres et des viols de masse, exactions présentant au demeurant tous les signes distinctifs d’un génocide, a par ailleurs affirmé la mission d’enquête de l’ONU déployée par la suite.

L’Union européenne aussi a appelé, vendredi 19 juin, les Forces de soutien rapide à cesser immédiatement les massacres de civils, les violences contre les groupes ethniques et les attaques contre les infrastructures civiles. Cependant, le Réseau des médecins soudanais appelle la communauté internationale à des actions concrètes, plus qu’à des déclarations.

Pourquoi s’en prendre potentiellement maintenant à El-Obeid ? C’est une zone tampon entre les prises des FSR au Darfour et les zones contrôlées par l’armée d’al-Burhan, dans l’est du Soudan.


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