La guerre au Liban continue d’aggraver une crise humanitaire majeure. Bombardements, déplacements forcés, destruction d’hôpitaux et pénurie d’eau touchent des millions de personnes. Pour des millions de personnes, la guerre signifie une nouvelle fois peur, perte et incertitude.
Quelle est la situation actuelle au Liban ?
Cette escalade frappe un pays déjà profondément fragilisé. Depuis des années, le Liban traverse une crise économique et sociale sans précédent. Une large partie de la population vit dans la pauvreté, les services publics sont affaiblis et de nombreuses familles peinent déjà à se nourrir, se loger ou se soigner. Le pays accueille également un nombre très important de personnes réfugiées, notamment venues de Syrie et de Palestine.
1 personne du 4 vivant au Liban est réfugiée.
Aujourd’hui, cette nouvelle guerre aggrave encore une situation déjà intenable.
Les attaques ont provoqué des milliers de morts et de blessés. Plus d’un million de personnes ont été contraintes de fuir leur domicile. Des familles entières dorment dans des écoles, des bâtiments publics ou chez des proches, souvent dans des conditions extrêmement précaires.
2 300
personnes ont été tuées
1,3 millions
de personnes ont été déplacées de force
140 000
personnes sont hébergées dans des centres collectifs
490
écoles ont été transformées en abris d’urgence
400 000
enfants ont été privés d’écoles et de stabilité
Derrière ces chiffres, il y a des vies bouleversées.
Mariam, 47 ans, a fui sa maison au milieu de la nuit lorsque les bombardements se sont rapprochés. Elle vit désormais dans une école transformée en refuge avec son amie Lina, qui partage le même destin. C’est la deuxième fois que ces deux femmes se réfugient dans cette école à Barja, une ville plus sûre du Mont-Liban (une région au centre du pays) Oxfam soutient Lina et Mariam en fournissant à cet abri des kits de literie, des kits d’hygiène et de l’eau potable
Comme elles, des centaines de milliers de personnes ont dû partir sans rien emporter.
Pourquoi l’eau, les hôpitaux et les écoles sont menacées ?
Quand les services essentiels s’effondrent
Au-delà des victimes directes, les attaques détruisent les conditions mêmes de la survie.
Des hôpitaux ont fermé. Depuis le mois de mars ; 100 professionnel.le.s de santé ont été tué.e.s. Des ambulances et services d’urgence ont été visés. Les réseaux d’eau et d’assainissement subissent également de graves dégâts, privant des communautés entières d’un accès sûr à l’eau potable.
Dans le sud du Liban, où des centaines de milliers de personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers à la suite des ordres d’évacuation forcée massive émis par Israël, Oxfam et ses partenaires sont chargés de mener des travaux de remise en état sur 19 installations hydrauliques essentielles qui fournissent de l’eau potable à près de 60 000 personnes. Six d’entre elles ont été endommagées par les bombardements israéliens lors de l’escalade de la violence de l’année dernière. Des frappes ont été confirmées dans de nombreuses zones où se trouvent ces installations.
Des attaques en violation du droit international
« Les Conventions de Genève interdisent les attaques contre les installations hydrauliques et autres infrastructures essentielles à la survie des populations. Le recours à la privation d’eau comme moyen de guerre est illégal. Toute privation intentionnelle d’eau ou entrave à l’acheminement de l’aide humanitaire peut constituer un crime de guerre. »
Un accès à l’eau menacé
Au cours de l’escalade de 2024, Israël a endommagé plus de 45 réseaux d’approvisionnement en eau au Liban, affectant près d’un demi-million de personnes, augmentant le risque d’épidémies et contribuant à la perte de moyens de subsistance et d’espaces verts. Compte tenu de l’absence persistante de responsabilité qui a permis à Israël de violer systématiquement le droit international dans toute la région, Oxfam craint que ces nouvelles attaques n’entraînent une forte augmentation de la destruction des infrastructures civiles, déjà en cours.
Quand l’eau manque, quand les soins s’arrêtent, quand les écoles ferment, ce sont les conséquences de long terme qui commencent : maladies, pauvreté accrue, traumatismes durables, avenir compromis pour les enfants.
Que fait Oxfam au Liban ?
Répondre aux besoins devient chaque jour plus difficile. Actuellement beaucoup de nos collègues, partenaires, leurs familles et leurs communautés subissent le poids d’un conflit violent, aux conséquences dévastatrices pour les civils. De plus, les bombardements, les déplacements constants et l’insécurité compliquent fortement l’acheminement de l’aide, notamment dans le sud du pays, dans la Bekaa et dans plusieurs zones densément peuplées autour de Beyrouth.
Dans ce contexte d’escalade du conflit, Oxfam tente de venir en aide à environ 200 000 personnes pour répondre aux besoins primaires des populations déplacées :
Distribution d’eau et mise en place d’installations sanitaires
Distribution de kits d’hygiène et de protection menstruelle
Fourniture de literie en partenariat avec des centres d’hébergement
Les organisations humanitaires ont besoin d’un accès sûr, rapide et sans entrave, ainsi que de financements suffisants pour répondre à l’urgence immédiate comme aux besoins de reconstruction. Les bailleurs, les États et les acteurs disposant d’une influence doivent tout mettre en œuvre pour qu’Israël autorise un accès rapide et sans entrave à l’aide humanitaire, et pour accroître les financements afin que les organisations puissent répondre aux besoins immédiats et de long terme des populations.
Pourquoi un cessez-le-feu durable est indispensable ?
Une annonce de cessez-le-feu ne suffit pas si elle n’est pas respectée sur le terrain. Tant que les violations continuent, les familles ne peuvent pas rentrer chez elles, les écoles ne rouvrent pas, les soins ne reprennent pas normalement.
Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est un cessez-le-feu immédiat, durable et respecté par toutes les parties, afin de mettre fin aux souffrances civiles et permettre une véritable reconstruction.
Les civils, les hôpitaux, les écoles, les travailleurs humanitaires et les infrastructures d’eau sont protégés par le droit international humanitaire. Ces règles existent pour limiter les souffrances en temps de guerre. Elles doivent être respectées partout, sans exception ; et c’est dans ce contexte que la France et l’Union européenne doivent agir.
La France doit s’engager
La France entretient des liens historiques, humains et politiques étroits avec le Liban. Avec ses partenaires européens, elle doit peser de tout son poids pour :
- obtenir un cessez-le-feu durable
- garantir l’accès humanitaire
- condamner les violations du droit international
- soutenir la reconstruction du Liban
- protéger les civils
Le Liban ne peut devenir un nouveau symbole de l’échec collectif des nations riches à protéger les civils.


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