Manifestation Samedi 04 juillet à 15h Place de Gaulle à Orléans : STOP AU GÉNOCIDE DES ENFANTS EN PALESTINE PAR L’ARMÉE COLONIALE ISRAÉLIENNE !

Une commission d’enquête internationale mandatée par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a accusé, mardi 23 juin, Israël de « cibler » les enfants palestiniens dans la bande de Gaza, dénonçant une fois encore un « génocide » en cours, mais aussi des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre dans l’enclave palestinienne, ainsi que des crimes de guerre en Cisjordanie.
En septembre dernier, la commission avait déjà conclu que les autorités et forces de sécurité israéliennes avaient commis « quatre des cinq actes génocidaires » définis par la Convention de 1948 sur le génocide.
Selon les enquêteurs indépendants de l’ONU, « le ciblage délibéré des enfants est l’un des éléments clés permettant d’établir l’intention génocidaire des autorités et forces de sécurité israéliennes de détruire le groupe palestinien, dans son ensemble ou en partie, à Gaza ».
« Les preuves montrent que des enfants palestiniens ont été délibérément pris pour cible et tués par les forces de sécurité israéliennes », a déclaré Srinivasan Muralidhar, président de la Commission. « Même après le cessez-le-feu d’octobre 2025, des enfants continuent d’être tués et gravement blessés, Israël continuant à faire fi du cessez-le-feu ».

Allégations de violences sexuelles à l’encontre d’enfants
Dans son nouveau rapport, la commission affirme que les conséquences du conflit dépassent largement les pertes humaines. Les enfants sont ainsi victimes de blessures importantes, de séparations, de déplacements forcés, de famine ou encore de manque d’accès à l’éducation et la santé. Ils ont été arrêtés et torturés dans les centres de détention, sans indication où ils se trouvaient pour leurs proches.
« Les blessures physiques et psychologiques graves, les traumatismes collectifs, l’orphelinage, la séparation, le handicap, les déplacements répétés, la famine et l’effondrement des systèmes éducatif et sanitaire ont anéanti l’enfance de ces enfants et continueront de les marquer tout au long de leur vie à Gaza », détaille le rapport.
Les forces de sécurité israéliennes ont également recouru à la violence sexuelle à l’encontre d’enfants dans le cadre d’une humiliation et d’une oppression collectives, ancrées dans un schéma prolongé, ethnique, genré et intergénérationnel d’occupation et d’hostilités israéliennes.
Les enquêteurs dénoncent notamment le ciblage de services de maternité et de néonatologie, qui aurait entraîné une hausse des fausses couches et des complications à la naissance. « En prenant pour cible les enfants, Israël sape les fondements de la société palestinienne, affaiblit la vitalité démographique et la capacité globale du peuple palestinien à préserver et à exercer son droit à déterminer son avenir en tant que peuple ».
Ils accusent également le blocus imposé à Gaza d’avoir provoqué une famine ayant contribué à la mort d’enfants et à la dégradation de leur état de santé.
Crimes de guerre en Cisjordanie
Selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), plus de 260 enfants ont été tués depuis la trêve, soit un chaque jour. Des centaines ont été blessés par les frappes menées par Israël.
Parallèlement, les trois enquêteurs indépendants note qu’Israël est aussi responsable de crimes de guerre contre les enfants en Cisjordanie. En outre, le démantèlement et la destruction d’orphelinats et d’établissements scolaires à Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, ont entravé la prise en charge et le développement cognitifs, sociaux et émotionnels des enfants et ébranlé les fondements de la société palestinienne.
La Commission d’enquête demande donc à Tel Aviv de mettre un terme à ses violations et ses crimes. Elle a identifié des unités militaires qui ont mené ces exactions et formule des recommandations à l’intention d’Israël et de tous les États membres afin de garantir que les auteurs de ces crimes répondent de leurs actes.

En Cisjordanie, le sort des enfants tués par l’armée israélienne, révélateur du processus de déshumanisation des Palestiniens
Par Luc Bronner (Hébron, Bethléem, Beit Ummar, Ar-Rihiya, Al-Dhahiriya (Cisjordanie), envoyé spécial) et Laurence Geai (Photographe)
DécryptageTirs ciblés sur le torse, le dos ou la tête, blocage des soins, rétention des corps : l’ONG israélienne B’Tselem documente la mort de 54 mineurs tués par l’armée israélienne en Cisjordanie occupée depuis janvier 2025 et l’impunité dont bénéficient les soldats.
Viser avec son arme de guerre et appuyer sur la gâchette. Toucher un enfant ou un adolescent au niveau du torse, du dos ou dans la tête, et non dans les jambes. Puis constater qu’il s’est effondré et qu’il perd son sang sur le bitume ou sur la terre. Ne pas prodiguer de soins. Interdire aux témoins ou aux proches d’apporter leur aide. Ralentir ou bloquer les ambulances et les secouristes. Dans un rapport sur les mineurs tués par l’armée israélienne en Cisjordanie occupée, l’ONG B’Tselem a
identifié 12 exemples d’enfants et adolescents grièvement blessés par balles par des soldats en 2025, puis laissés sans soins, parfois plusieurs dizaines de minutes, sans que des secouristes soient autorisés à intervenir – tous sont finalement morts. Une pratique corroborée par l’ONU et de nombreuses sources palestiniennes : depuis le 7 octobre 2023, en Cisjordanie, l’armée israélienne a empêché ou ralenti les secours à 240 reprises, après avoir touché par balles des mineurs et des
adultes, tous morts de leurs blessures, selon le décompte du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (OHCHR).
L’impact des discours de déshumanisation des Palestiniens se mesure dans ces instants, dans ces gestes et dans ces décisions successives prises par des soldats israéliens. Il se mesure aussi dans les statistiques publiées par des ONG ou des organisations internationales, notamment le Bureau de Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) : parmi les plus de 1 100 Palestiniens tués par l’armée israélienne depuis le 7-Octobre figurent 235 mineurs. Un chiffre comparable, pour les enfants et les adolescents, au bilan humain de la deuxième Intifada, entre 2000 et 2005, en Cisjordanie occupée (251 mineurs tués). Avec une différence essentielle, parfois oubliée tant la pression militaire israélienne actuelle est forte : aucun mouvement de révolte similaire à l’Intifada n’a eu lieu ces dernières années en Cisjordanie occupée, territoire en partie administré par
l’Autorité palestinienne, ennemi farouche du Hamas, le mouvement responsable de l’attaque du 7- Octobre.
Les tués de Cisjordanie ne sont donc pas les morts d’une guerre déclarée, comme à Gaza, en Iran ou au Liban, mais les conséquences, quotidiennes, de la dictature militaire, appelée « occupation », défendue par tous les gouvernements successifs de l’Etat hébreu depuis 1967. La hausse des mort palestiniens raconte dès lors l’évolution des pratiques de maintien de l’ordre. Le nombre d’enfants tués se situait en moyenne autour de 13 par an entre 2005 et 2021. Il est passé à 87 par an depuis 2023
- « Depuis octobre 2023, Israël mène un assaut de grande envergure contre tous les aspects de l’existence palestinienne en Cisjordanie. Cela inclut une violation large et systématique des droits humains, au premier rang desquels le droit le plus fondamental : le droit à la vie. La violence létale, non contrôlée, employée par les forces armées du régime israélien, y compris l’armée et les milices de colons, a entraîné une augmentation sans précédent des homicides de Palestiniens », souligne B’Tselem.
L’ONG établit un lien avec les pratiques militaires à Gaza après l’attaque terroriste du 7-Octobre, qui a causé la mort de plus de 1 200 personnes et l’enlèvement de 251 otages. « La forte augmentation du nombre d’enfants tués en Cisjordanie par les forces israéliennes ne peut être séparée des plus de 21 000 enfants palestiniens qu’Israël a tués dans le cadre de son assaut génocidaire sur la bande de Gaza depuis octobre 2023. Le fait même que ce nombre inconcevable n’ait pas entraîné de revendications publiques pour un changement de politique de mise à mort montre à quel point la
déshumanisation des Palestiniens imprègne l’esprit des Israéliens. Ce sont ces processus qui rendent possible une réalité où le fait de tuer des enfants est devenu une affaire de routine », écrit B’Tselem.
Officiellement, l’armée réfute catégoriquement ces mises en cause. Sollicitée par Le Monde, elle s’est contentée de renvoyer à sa récusation des accusations portées récemment par une commission de l’ONU sur le sort des enfants à Gaza et en Cisjordanie. Dans les faits, sur le terrain, le discours est
moins clair : « Nous tuons comme nous n’avons pas tué depuis 1967 », a récemment expliqué le commandant en chef de l’armée en Cisjordanie occupée, Avi Bluth, selon des propos rapportés par le journal Haaretz – une référence à la guerre des Six-Jours, durant laquelle la conquête des territoires
palestiniens par l’armée israélienne s’était accompagnée de violences massives contre des civils.
« Permis de tuer »
L’enquête de B’Tselem, une ONG israélienne indépendante, s’appuie sur les témoignages et les vidéos recueillis par une équipe de huit enquêteurs dans toute la Cisjordanie occupée. Elle vient rendre compte des circonstances du recours aux armes de guerre, démentant, avec de nombreux exemples, les discours israéliens sur l’armée la plus morale du monde. A commencer par la
proportionnalité des ripostes. A partir de ses propres constatations, B’Tselem montre que, sur les 54 enfants ou adolescents tués en 2025, seuls deux mineurs ont été tués alors qu’ils avaient une arme à feu. Quatre autres ont lancé des engins explosifs improvisés avant d’être abattus. Un dernier
a attaqué un officier de police avec un couteau. !


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