Face à une multiplication des conflits armés et aux effets du changement climatique, l’UNESCO a décidé d’inscrire six nouveaux sites sur la Liste du patrimoine mondial en péril, dont trois selon une procédure d’urgence.

Réuni à Busan, en Corée du Sud, le Comité du patrimoine mondial estime que ces sites font face à des menaces d’une gravité telle qu’une intervention immédiate est devenue indispensable.

Pour la première fois cette année, le Comité a eu recours à une procédure d’urgence afin d’inscrire simultanément au patrimoine mondial et sur la Liste du patrimoine mondial en péril trois sites particulièrement vulnérables : le paysage migratoire de Boma-Badingilo, au Soudan du Sud, les châteaux du mont Amel, au Liban, et Sebastia, dans l’État de Palestine.

Cette décision reflète un contexte mondial marqué par l’intensification des crises, qui mettent en danger des biens culturels et naturels d’une valeur universelle exceptionnelle.

Au Liban, les cinq châteaux du mont Amel, témoins de plusieurs siècles d’histoire militaire depuis les Croisades jusqu’à la fin du XIXᵉ siècle, subissent de graves dommages liés au conflit en cours. Déjà placés sous protection renforcée par l’UNESCO en 2024, ils nécessitent désormais une intervention d’urgence.

Dans l’État de Palestine, Sebastia, qui rassemble des vestiges remontant à près de trois millénaires et retrace les occupations successives de nombreuses civilisations, est menacé par un projet d’expropriation et de création du parc national « Samarie » (Shomron), susceptible de fragmenter le site. Les conséquences du conflit, les pressions liées à l’aménagement du territoire et la dégradation progressive des vestiges aggravent également les risques.

Théâtre romain antique avec le village de Sébastie en arrière-plan, Palestine
© UNESCO/MoTA Le théâtre romain du village de Sébastia en Palestine.

Enfin, la cité antique de Tyr, au Liban, rejoint également la Liste du patrimoine mondial en péril.

Le Comité s’est dit profondément préoccupé par les hostilités qui continuent de menacer ce site archéologique majeur, estimant que les conditions nécessaires à sa préservation ne sont plus réunies.

Tout en saluant les efforts des autorités libanaises pour renforcer sa protection, il a exhorté toutes les parties au conflit à respecter leurs obligations au regard du droit international et à s’abstenir de toute action susceptible d’endommager davantage ce patrimoine.


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