Bande de Gaza : des frappes israéliennes font au moins 16 morts et endommagent les entrepôts d’un hôpital

Ces frappes interviennent après l’annonce par le président américain, Donald Trump, puis par le Hamas palestinien de la conclusion d’un accord pour mettre fin à la guerre, qu’Israël n’a pour l’heure pas officiellement confirmée.

A la suite d’une frappe aérienne israélienne près de l’hôpital des Martyrs-d’Al-Aqsa, à Deir Al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 1ᵉʳ août 2026.
A la suite d’une frappe aérienne israélienne près de l’hôpital des Martyrs-d’Al-Aqsa, à Deir Al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 1ᵉʳ août 2026. ABDEL KAREEM HANA/AP

Huit personnes ont été tuées dans la bande de Gaza dans de nouvelles frappes israéliennes survenues durant la nuit, ont fait savoir, tôt dimanche 2 août, des responsables de la défense civile du territoire palestinien. Plus tôt dans la journée de samedi, huit personnes avaient déjà péri dans des bombardements de l’Etat hébreu, au lendemain de l’annonce d’un accord sur un désarmement du mouvement islamiste Hamas et un retrait israélien du territoire palestinien.

Parmi les victimes de la nuit, un homme et une femme ont été tués dans la soirée et plusieurs autres blessés lorsqu’un « hélicoptère militaire israélien a frappé un appartement (…) au sud de Deir Al-Balah », selon le porte-parole de la défense civile palestinienne, Mahmoud Bassal. Par ailleurs, une personne a été tuée et plusieurs autres ont été blessées quand « les forces israéliennes ont ouvert le feu dans la vieille ville de Gaza », selon la défense civile. Et « trois personnes, dont un enfant, ont été tuées après qu’une frappe israélienne a visé un appartement appartenant à la famille Al-Hams (…) au nord-ouest de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza ».

Plusieurs incidents, principalement des frappes aériennes et des tirs, ont été rapportés samedi à l’Agence France-Presse (AFP) dans la bande de Gaza et une source sécuritaire a affirmé que « l’armée israélienne poursuit son agression, ses violations et ses infractions à l’accord de cessez-le-feu ».

Un cessez-le-feu fragile et contesté

Selon le ministère de la santé de la bande de Gaza administré par le Hamas, une frappe a notamment détruit, dans la journée, deux des quatre entrepôts de médicaments de l’hôpital Al-Aqsa, et gravement endommagé les deux autres, ainsi qu’une clinique mobile voisine. Sur place, des journalistes de l’AFP ont vu un large cratère au sol, et des personnes fouillant les débris au milieu de médicaments.

L’armée israélienne a affirmé avoir visé un bâtiment qui « servait de cachette aux terroristes du Hamas, qui y stockaient leurs armes », assurant avoir pris des mesures préalables pour avertir les habitants.

Le ministère de la santé à Gaza a précisé que 152 personnes avaient été tuées dans le territoire au cours du mois de juillet, le bilan mensuel le plus élevé depuis le début de l’année selon lui.

D’après le texte de l’accord publié par le Conseil de la paix du président américain, Donald Trump, qui a été le premier à l’annoncer, Israël, ainsi que le Hamas, devront cesser leurs opérations militaires. L’accord prévoit aussi « un retrait progressif des forces israéliennes des zones qu’elles contrôlent encore à Gaza » ainsi que le « démantèlement des groupes armés », dont le Hamas. Si ce mouvement a confirmé l’accord, Israël n’y a pas réagi officiellement.

Contactée samedi par l’AFP au sujet de plusieurs frappes, l’armée israélienne a déclaré avoir visé des membres du Hamas dans certains cas et se renseigner sur les autres faits rapportés. Elle a en outre précisé samedi que les soldats israéliens restaient déployés dans une partie de la bande de Gaza « conformément à l’accord de cessez-le-feu ».

« La balle est dans le camp » israélien

Le Jihad islamique, mouvement palestinien allié du Hamas, a estimé dans un communiqué que « la poursuite de l’escalade et les violations de l’accord de cessez-le-feu » mettaient en doute l’annonce de M. Trump. Au Caire, des responsables du Hamas et du Jihad islamique ont appelé samedi à contraindre Israël à cesser « toutes les formes d’agression ».

« La balle est dans le camp » israélien, a déclaré samedi à l’AFP Bassem Naïm, membre du bureau politique du Hamas, exhortant les médiateurs dans le conflit à « mettre la pression sur Israël pour qu’il arrête de violer le cessez-le-feu ».

Israël et le Hamas s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis octobre dernier, et les frappes israéliennes sur le territoire sont restées très régulières. Depuis octobre, au moins 1 222 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza, selon le ministère de la santé du territoire, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU. L’armée israélienne rapporte avoir perdu cinq soldats dans la bande de Gaza durant la même période, ainsi qu’un employé civil sous contrat.

Les restrictions imposées aux médias et l’accès limité à la bande de Gaza empêchent l’AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur le terrain.

AFP


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